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Le Marché Bus prêt à partir !

Publié le vendredi 04 mars 2016 à 12:58

DNA 26/02/2016 par Emilie SKRYPCZAK Alsace du Nord - Commerce itinérant Le bus bio prêt à partir Sept producteurs lancent aujourd’hui leur MarchéBus, magasin itinérant proposant des produits bios, locaux et de saison. L’inauguration aura lieu aujourd’hui, à 15 h. L’équipe des producteurs est complétée par deux salariées recrutées spécialement pour le MarchéBus et qui ont du passer leur permis poids lourd. PHOTO DNA - FRANCK KOBI La surface de vente est pour le moins étroite, toute en longueur. On y fait ses courses à la queue leu leu, piochant ici quelques fruits et légumes, là du pain, des pâtes, de la farine ou de la confiture soigneusement rangés dans des étalages en bois naturel. On se croirait dans une de ces épiceries bio comme il en fleurit un peu partout dans les centres-villes. À une grosse différence près : celle-ci sillonne les routes, à la rencontre des clients. Après les paniers Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), les épiceries bios et autres maisons de producteurs, les artisans du manger sain et local n’ont pas dit leur dernier mot. Les consommateurs ne vont pas à la bio, la bio viendra à eux… en bus, sur leur lieu de travail ou de passage. Plutôt que d’ouvrir plusieurs points de ventes éloignés des consommateurs, sept agriculteurs du territoire (*), tous engagés dans l’agriculture biologique, ont imaginé un marché mobile qui sillonnerait les routes d’Alsace du Nord (lire l’encadré). Ensemble, ils ont créé l’Association des producteurs bio d’Alsace du Nord et, épaulés par l’Opaba et l’Adean (**), ont investi 20 000 euros dans l’achat d’un bus de ville totalement relooké (lire l’article paru hier en page région). En plus de produits fournis par les fermes engagées (fruits, légumes, pains, viennoiseries, farines, jus, vins), d’autres productions locales garnissent les étals : charcuteries, œuf, produits laitiers, fromages, mais aussi, côté sucré, viennoiseries, miel et confitures. « Comme l’offre du territoire ne couvre pas 100 % de la demande, des produits d’Alsace, et plus occasionnellement de France, viennent compléter la gamme », indique Daniel Starck, à l’initiative du projet. Les fins palais se laisseront également tenter par les chips de légume (carotte, panais, chou kale), le chutney d’oignons jaunes, les pleurotes marinés ou le caviar d’aubergine. Cercle vertueux « Pratique, éthique et coopératif », sont les maîtres mots de ce projet qui vise à « recréer du lien entre les consommateurs et les producteurs ». Si le producteur sait qu’il faudra sans doute du temps pour que s’installent de nouvelles habitudes de consommation, il espère, grâce à ce commerce de proximité innovant, conquérir une nouvelle clientèle, convaincu que « si les gens ne consomment pas bio, c’est parce qu’ils n’en ont pas l’opportunité, ne font pas la démarche ». Or, « soutenir l’agriculture biologique, c’est encourager l’emploi local, le respect de l’environnement et de la santé, l’alimentation de qualité, et participer à la redynamisation des campagnes. Si on décide que c’est le territoire qui doit nourrir les habitants, c’est tout un cercle vertueux qui peut se remettre en route », estime le Daniel Starck, qui voit le MarchéBus comme un véritable « trait d’union » entre les consommateurs et les producteurs d’un même territoire. Les sept fermes engagées : Albert et Doris Burger, Daniel Starck, Ferme Faust, Ferme Rosenfelder, La Ferme Rikedel, Les jardins d’Altaïr, Vegetal Respekt. (**) Opaba : Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace. Adean : Association de développement économique de l’Alsace du Nord. Émilie Skrzypczak 26/02/2016 à 05:00 Vu 154 fois Consommation - Commerce itinérant La ligne verte de Clara GRIOT DNA du 24/02/2016 Ils ont acheté un bus, un vrai, comme ceux qui circulent dans toutes les villes du monde. À son bord, des producteurs d’Alsace du Nord sillonneront les communes de leur région pour y vendre leurs produits bio. L’association des producteurs bio d’Alsace du Nord a dépensé 20 000 euros pour acquérir le bus, puis 100 000 pour le transformer en magasin roulant. PHOTOs DNA - FRANCK KOBI Il transportait les habitants de Lyon, il est aujourd’hui vert vif et couvert de photos de chèvres et de légumes. Le bus, encore immatriculé dans le département du Rhône, sort à peine de chez l’électricien et vient d’arriver dans les jardins d’Altaïr, une ferme bio à Oberhoffen-sur-Moder, à 10 kilomètres de Haguenau. Fédérer les petits producteurs éparpillés sur le territoire L’objectif est d’en faire un véritable marché ambulant pour vendre des produits issus de l’agriculture biologique locale. À son bord, Hélène Cailloux et Harmony Feunard installent sur les étalages en bois des légumes, miels, chips de chou ou pleurotes séchées. Elles ont été embauchées pour conduire le véhicule et ont dû passer leur permis poids lourd. « Avant, j’étais commerciale dans l’immobilier, raconte Harmony. Mais j’avais envie de m’orienter vers un milieu plus humain. » Ce sont elles qui gèrent le stock des produits, tous bio et issus de sept fermes d’Alsace du Nord : pour les légumes, les jardins d’Altaïr, la ferme Rosenfelder, Ridekel et Vegetal Respekt, Daniel Starck et la ferme Faust pour le pain et Albert et Doris Burger pour les fruits. « Je suis dans ce projet parce que je veux développer la consommation du bio, indique Tharcisse Saenger, maraîcher aux jardins d’Altaïr. Quand on voit les crises sanitaires liées aux pesticides, on se dit que le bio est une solution. En plus, le bus permet de fédérer les petits producteurs éparpillés sur le territoire et si ça marche, ce sera un argument pour que d’autres se convertissent au bio. » À l’origine du projet, une enquête réalisée par l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (OPABA), sur la commercialisation des produits bio. « On s’est rendu compte que les gens avaient envie d’acheter des produits plus naturels, mais dans des points de vente à moins de 15 kilomètres de chez eux, explique Daniel Starck, paysan boulanger et producteur pour le bus. Alors on s’est dit qu’on allait faire un magasin, mais un magasin ambulant. » Les sept fermes, réunies dans l’association des producteurs bio d’Alsace du Nord, décident alors d’acheter un camion. Puis vient l’idée du bus, plus grand. Ensemble et grâce à des subventions, ils dépensent 20 000 euros pour le véhicule, puis 100 000 pour transformer le bus urbain en magasin roulant. « On a fait appel à une agence de communication alsacienne pour le visuel du bus. En plus, il fallait des étalages en bois, enlever les sièges », explique Daniel Starck. Les producteurs ont aussi dû faire face à quelques imprévus. « Les bus de ville laissent leur moteur allumé tout le temps pour faire descendre ou monter les voyageurs. Nous, on s’arrête pour vendre. Du coup, les portes ne s’ouvraient plus. » Seul regret, le MarchéBus roulera au gasoil Seul regret, le MarchéBus, malgré ses produits bio et locaux, roulera au gasoil. « On n’a pas trouvé de bus au gaz et on a aussi voulu tester les panneaux solaires, mais le rendement était ridicule par rapport aux besoins. » Le marché ambulant tournera tous les jeudis, vendredis et samedis, et passera par Brumath, Haguenau, Soufflenheim, Niedermodern et Roeschwoog. « Le bus se placera sur les axes routiers, sur le chemin des gens qui vont ou rentrent du travail. Comme ça, ils n’auront plus d’excuses pour ne pas acheter bio et local », explique Daniel Starck. Les clients rentreront en sonnant, puis pourront parcourir le couloir du bus en choisissant parmi la centaine de produits proposés, avant de payer à la caisse au fond du véhicule. « Les prix correspondent au coût de revient des producteurs, ils sont un peu plus élevés que la vente directe à la ferme, mais moins que dans un magasin bio spécialisé », indique Hélène Cailloux. Pour que le bus soit rentable, il faudra au moins 80 clients par jour et des paniers de 25 euros en moyenne. « C’est jouable, et puis s’il y a trop de monde, les clients risqueraient d’attendre. » Avant de commencer sa première tournée le 3 mars, le MarchéBus ouvrira ses portes en avant-première du 25 au 27 février aux jardins d’Altaïr, à Oberhoffen-sur-Moder.

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